Se libérer soi-même

Se libérer soi-même

Il est banal de dire qu’un « nerveux » pense et agit autrement qu’un « calme ». Ou qu’un « balourd » parle autrement qu’un agressif ». Ces banalités cachent cependant une grande vérité.

Tout homme devrait se poser la question dix fois par jour : dans quel état physique et mental suis-je pour l’instant ? Il répondra par exemple «Je suis fatigué; donc je ne puis qu’accomplir des actions d’homme fatigué ». Ou bien: « Je suis nerveux et angoissé ; donc je ne puis penser qu’à travers mon état de nervosité et d’angoisse ». C’est la logique même, n’est-ce pas ? Si notre état est déficient, endormi ou étouffé, sommes-nous capables d’accomplir intégralement notre rôle ?

Sommes-nous capables de volonté et de conscience réelles ? Evidemment non, puisque ces hautes qualités demandent l’harmonie de notre personnalité. Ou bien cet homme répondra encore: « J’ai des complexes » (bien qu’il soit incapable de les voir lui-même). Donc il agit et pense à travers ses complexes.

Il existe en lui un prisme intérieur qui déforme sa vision des choses. Il est brisé, cassé, divisé en plusieurs parties. C’est tantôt une partie qui agit, tantôt une autre. Il n’agit jamais entièrement ou librement ; mais il est sans cesse commandé par des forces intérieures dont il ignore la puissance, et souvent l’existence!

Presque tous les hommes croient faire quelque chose. IIs croient faire « volontairement et librement ». Or, une fois de plus, « faire volontairement » signifie être libéré de soi-même et de ses prismes intérieurs. La volonté est une harmonie puissante, et non une division ou une crispation.

Il n’y a aucune liberté tant qu’existent des contraintes intérieures. Il est certain qu’un refoulé sexuel (par ex.) ne sera pas libre intérieurement, tant que ses refoulements n’auront pas été enlevés. De plus, il transmettra ces refoulements à ses descendants… et ce sera l’histoire éternelle des mauvaises éducations.

L’homme croit faire. Mais tant qu’il est soumis à des déficiences intérieures, des habitudes nocives, des tics mentaux, etc., il ne fait rien. Cela se fait malgré lui. Cela se fait sans qu’il sache pourquoi et comment. Il y a en lui quelque chose qui l’oblige à agir et penser. Il n’est alors nullement conscient de lui-même. Il n’est pas conscient, il dort. Mais comme il dort, il ignore qu’il dort.

Nous agissons tous, à travers notre état physique et mental. Si notre état est bon, nos actions seront bonnes. Si notre état est puissant, nous produiront des actions puissantes. Si nous désirons transformer nos actions et notre vie, nous devons changer notre état physique et mental, en l’épurant et le reconstruisant.

LA REDACTION

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :