Le complexe de castration

Le complexe de castration

La castration physique est l’ablation des organes génitaux. La castration peut se produire par accident, pat crime par opération chirurgicale. Ses répercussions sur l’état physique et mental sont parfois considérables. Beaucoup de personnes, en imaginant une castration, ressentent déjà une forte émotion.

Or, il existe, chez certains enfants, une peur mentale d’être castré, d’être mutilé. Elle se présente à la suite de certaines circonstances, fréquemment dues aux éducateurs. Les enfants ayant cette peur d’être mutilés par castration auront de fortes réactions émotionnelles et cela se comprend aisément.

Leur angoisse sera consciente ou inconsciente. On voit d’ailleurs beaucoup d’enfants courir en protégeant de la main leurs organes sexuels. Pourquoi? Peur physique ou mentale ? Beaucoup de parents constatent la tendance qu’a le petit garçon de toucher ou d’exhiber ses organes sexuels.

Cette tendance est normale et naturelle. Devant cela ils réagissent maladroitement, et dangereusement… si tu y touches encore, tu le perdras… << Si tu y touches, on viendra te le prendre et tu deviendras une petite fille.. ..tu ne peux pas faire cela, c’est sale; tu fais une très vilaine action; si tu continues, on te le volera… Ou bien, ce qui est un comble : …si je te reprends à te toucher là, je te le coupe, tu entends ?… . Cela n’a l’air de rien? Attendez. Nous allons voir le cas du petit Jean, avec toutes ses conséquences possibles.

Le cas de Jean, garçon de neuf ans

Jean est un garçon émotif, chez qui le mot « bûcheron » provoque une pâleur mortelle. Même terreur devant les mots hache et couteau . Jean fut alors prié de dessiner quelque chose s’y rapportant. Il représenta un arbre attaqué par la hache du bûcheron. De cet arbre, coulait un liquide. Un petit garçon s’enfuyait, poursuivi par un homme.

En remettant son dessin, il expliqua: « Ca, c’est mon père ! ( il montrait l’homme poursuivant), « Ca, je ne sais pas, mais il a mal » (il montrait l’arbre), « Celui-là (le bûcheron) c’est parce que.. parce que je ne suis pas sage ». « Ca… c’est du sang. (il montrait le liquide). En même temps, il porte la main à ses organes sexuels comme pour les protéger, et il se mit à trembler.

Tout était donc clair. La confirmation fut obtenue en interrogeant le père, homme autoritaire et cassant. Il déclara menacer continuellement son garçon, d’une façon absurde : << Si tu n’es pas sage on viendra pendant la nuit couper ton petit bout dont tu sembles si fier, tu as compris ?…>> C’était donc limpide. La hache était I’instrument qui permettait la terrible castration redoutée de I’enfant. L’arbre représenta le garçon lui-même (virilité). Le bûcheron était le père symbolisé qui opérait la castration, Et le geste final du garçon fut plus éloquent que toutes les phrases du monde!…

Que serait-il arrivé à Jean ?

Il ne faut pas voir dans ce cas de Jean une simple émotion! Supposons qu’il ait continué à vivre dans le même état d’esprit sans l’intervention d’un psychologue. Que serait-il probablement arrivé ?

Tout d’abord (comme cela se passait déjà) Jean aurait vécu dans de multiples émotions de terreur. Or, rien n’est plus nocif que la répétition des émotions. Cette émotion apparaissait dès que Jean croyait «n’être pas sage ». « On » allait donc venir le mutiler. Se rend-on compte de ses nuits blanches et apeurées? « On » était là, quelque part, aux aguets, pour lui enlever ses organes. Que fallait-il donc faire? Tout, pour éviter la moindre mauvaise action.

Si cela avait continué, Jean aurait donc tout fait pour éviter de se sentir en faute, pour éviter un reproche et une sévérité. Et cela, avec quelle émotion! Devant son père et autrui, Jean se serait diminué, infériorisé, afin d’empêcher qu’ « on » puisse lui reprocher quelque chose.

Jean se serait entraîné à la faiblesse; il serait devenu un « brave petit garçon bien sage ». Il aurait évité à tout prix les actions viriles, qui risquaient de l’opposer aux autres. Son développement de jeune mâle aurait été freiné. Mentalement, il se serait castré afin de n’être pas castré physiquement.

Arrivé à l’âge de raison, il se serait peu à peu rendu compte que ses craintes physiques étaient sans fondement. Mais le complexe aurait été installé. Et autour de ce complexe, toute sa vie organisée… Et il aurait débouché dans l’adolescence plein d’angoisse, de timidité, de féminité. Il n’aurait réussi aucune action virile, ni professionnelle, ni conjugale. C’eût été un « homme », mais sans affirmation masculine. Tout cela à cause d’émotion: considérables déclenchées par un parent inintelligent.

LA REDACTION

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