La Schizophrénie ou “Adahoua” en langue Ewé (Togo)

La Schizophrénie ou “Adahoua” en langue Ewé (Togo)

Bonjour chers lecteurs de MONPSYCHOMAG. Nous espérons que vous vous portez bien. Dans ce nouvel article, nous allons nous intéresser à ce que les psychologues appellent la psychose et particulièrement à sa forme grave : la schizophrénie, plus connue sous le nom de folie (Adahoua, en langue Ewé). Qu’est-ce que c’est ? Quels sont les facteurs de risque et que faire face à un cas de schizophrénie ?

Qu’est-ce que la schizophrénie ?

La schizophrénie est un trouble mental qui appartient à la famille des psychoses. Elle est la plus grave de toutes les psychoses et elle est aussi la psychose la plus rencontrée en milieu psychiatrique au Togo. Elle toucherait environ 1% de la population soit à peu près 70 000 schizophrènes au Togo. La schizophrénie se caractérise essentiellement par la présence d’idées délirantes (se référer à mon article sur le délire), d’hallucinations, d’une désorganisation du discours et du comportement, et surtout par la présence de dysfonctionnement social.

Les personnes souffrant de schizophrénie peuvent présenter des affects inappropriés (p.  ex. Rire sans raison ), une humeur dysphorique qui peut prendre la forme d’une dépression, d’un état anxieux ou de colères, un trouble des rythmes du sommeil (p.  ex. sommeil diurne et activité nocturne) et un manque d’intérêt pour la nourriture, ou un refus de manger.

Dépersonnalisation, déréalisation et préoccupations somatiques peuvent aussi survenir, prenant parfois des proportions délirantes. Anxiété et phobies sont aussi courantes (Tandon et  al.  2009).

Quels sont les facteurs de risque ?

Ils sont de deux ordres :

1- Environnementaux : L’incidence de la schizophrénie et des troubles apparentés est plus importante chez les enfants qui grandissent dans un environnement urbain (March et  al.  2008).

2- Génétiques et physiologiques : Un risque plus élevé de schizophrénie pour le fœtus en développement est associé aux complications de la grossesse et à des complications néonatales comme une hypoxie, ainsi qu’à un âge paternel avancé (Miller et  al.  2011).

De plus, d’autres événements pathogènes pré et périnataux comme le stress, les infections, la malnutrition, le diabète maternel ou d’autres affections médicales ont été reliées à la schizophrénie (Brown  2011). Cependant, la vaste majorité des enfants exposés à ces facteurs de risque ne développe pas de schizophrénie.

Que faire face à un cas de schizophrénie ?

La schizophrénie, comme toute autre maladie mentale, se soigne et ce, grâce aux professionnels de santé mentale. Dans le contexte Africain et particulièrement togolais, la population n’a pas suffisamment d’informations par rapport à la schizophrénie.

Par conséquent, elle pense à tort que ce trouble mental est une « œuvre du diable » et elle préfère se référer aux pasteurs afin que le malade soit « délivré. » Et ceci est bien dommage car la plupart du temps, le malade s’en trouve enfoncé.

Aussi faut-il savoir que le schizophrène est une personne humaine et qu’elle peut être aidée et se réinsérer dans la société. Il faut donc éviter toute stigmatisation car l’entourage participe aussi au maintien de son équilibre mental.

Vous avez des questions sur cet article, et vous souhaitez en savoir plus ?  posez votre question sur notre section « Questions » . Et n’oubliez pas de commenter l’article pour expliquer votre point de vue sur le sujet, que vous viviez cette situation de près ou de loin.

A bientôt !

PS: Source DSM V

Pierrot AMEZIAN

Je suis Pierrot AMEZIAN, psychologue clinicien, de la santé et neuropsychologue en formation. Pour moi, tout se joue dans notre tête, alors j’estime que notre santé psychologique est tout aussi importante que notre santé physiologique. Suivez-nous car nous sommes là pour installer le meilleur en vous Nous sommes MONPSYCHOMAG.

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