Se faire vi*ler : 10 choses que personne ne dit vraiment
Il y a des choses qu’on ne dit pas sur le viol. Pas parce qu’on ne les connaît pas, mais parce qu’elles dérangent et obligent à regarder en face une réalité que beaucoup préfèrent ignorer.
Cet article n’est pas une liste de conseils, mais juste dix (10) vérités que vivent des milliers de personnes en silence, souvent seules, souvent incomprises.
Le pronom « elle » utilisé dans la suite de cet article ne désigne pas de genre mais se réfère à la victime.
1. C’est minimiser ce qu’on a vécu
Se faire violer, c’est se dire que ce n’est rien. Trouver des excuses pour expliquer l’inexplicable. Penser qu’on l’a mérité, que ça devait se passer. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est un mécanisme de survie psychologique, le cerveau qui tente de rendre supportable ce qui ne l’est pas.
2. C’est perdre qui on était
Du jour au lendemain, quelque chose change. On oublie des choses, des plus importantes aux plus insignifiantes. On cherche à retrouver la personne qu’on était avant, sans savoir si elle existe encore. Cette perte d’identité est l’une des conséquences les plus silencieuses et les plus dévastatrices du traumatisme.
3. C’est vivre dans l’attente
C’est attendre que ça se reproduise. Se donner parfois, avant que ça n’arrive, pour reprendre le contrôle d’une situation qu’on ne contrôle plus. Ce comportement paradoxal, souvent incompris de l’entourage, est une réponse au trauma, pas un choix délibéré.
4. C’est se réveiller un jour en colère
Un jour, la colère arrive. Contre le monde entier. Et contre soi surtout, pour avoir tenté de faire comme si tout allait bien. C’est à ce moment qu’on réalise que la faute n’appartient qu’au violeur. Mais cette réalisation-là, elle prend du temps.
5. C’est avoir besoin de tout sans oser demander
C’est avoir besoin d’amour, d’attention, de support mais sans qu’on soit pris en pitié. C’est avoir l’impression de demander trop. C’est donner tout ce qu’on a aux autres dans l’espoir d’en recevoir en retour. C’est s’entendre dire qu’on est difficile à aimer. Trop renfermé. Trop sensible. Trop tout.
6. C’est porter une solitude invisible
C’est être dans une foule et ne pas être assez entouré pour ne pas se sentir seul. C’est aussi éviter de se retrouver seul, pour ne pas se retrouver avec ses souvenirs, ses flashbacks. Cette solitude paradoxale épuise en silence.
7. C’est tomber dans des addictions pour oublier
L’alcool. Les substances psychotropes. Le sexe. Pas par plaisir, mais pour avoir moins mal. Pour dormir. Pour oublier, même cinq minutes, ce qu’on porte. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est de la survie mal équipée.
8. C’est être fatigué d’exister
C’est être la personne la plus forte que les gens connaissent mais aussi être fatigué de faire semblant. Et se réveiller un jour à la case départ. C’est être fatigué de lutter. De prouver. De sourire quand tout brûle en dedans.
9. C’est se taire, encore et toujours
C’est s’entendre dire qu’il faut être fort, résilient. Que les autres vivent pire. C’est tiquer chaque fois qu’on rencontre le mot viol dans une conversation, ou détester un personnage d’un film qui se fait violer. C’est réaliser que les gens banalisent, parce qu’ils n’arrivent pas à comprendre ce que ça représente vraiment.
10. C’est souhaiter que personne d’autre ne vive ça
Au fond de tout ça, il y a ce souhait simple et immense : qu’aucune autre personne ne vive ce qu’on a vécu. C’est peut-être là que commence la reconstruction, dans ce désir de protéger les autres de ce qu’on n’a pas su se protéger soi-même.
Si vous vous reconnaissez dans ces mots, sachez ceci : ce que vous ressentez est réel. Ce que vous vivez a un nom. Et vous n’avez pas à traverser ça seul·e. Parler à un professionnel de santé mentale peut faire une différence. Prenez rendez-vous ici.
Le meilleur s’installe en vous.
