Le traumatisme : Comment naît-il ?

Le traumatisme : Comment naît-il ?

Chers lecteurs/trices du magazine africain de psychologie MONPSYCHOMAG, bienvenue une fois encore dans cette rubrique bien être et santé. Aujourd’hui nous vous transportons sur le sujet du traumatisme. Souvent ou par moment et par abus de langage nous nous disons être traumatisé n’est-ce pas ? Qu’est-ce qu’un traumatisme ? comment naît le traumatisme chez un individu ? Se basant sur le model du traumatisme de S. Freud (1920) nous vous invitons à en savoir davantage sur la question du traumatisme.

C’est quoi un traumatisme ?

Le traumatisme est une série de processus psychiques qui tentent de maîtriser une expérience qualifiée de traumatique. Est traumatique tout ce qui peut causer une plaie ou une blessure que ce soit volontaire ou non et qui résulte d’un choc. La plaie ou la blessure ici n’est pas que physique mais aussi psychologique ou « mentale ».

Comment naît le traumatisme ?

Selon le model Freudien du traumatisme dans sa seconde théorie dénommée « l’avant-coup », il décrit la naissance du traumatisme à travers des expériences vécues dans l’enfance. Un enfant qui subit un acte, par exemple sous la forme de soins corporels, peut bien le vivre ou pas. Dans le second cas, il sera alors refoulé et écarté de la conscience grâce au refoulement. Plus tard, le « second temps » c’est l’après coup, survient à la puberté alors une scène analogue à l’acte passé autrefois refoulé qui réactive le souvenir de la première scène et lui confère sa connotation traumatique. Charbonnier (2007) précise que c’est donc la façon par laquelle le psychisme compose avec l’événement premier qui définit, dans ce cas, la nature traumatique de l’expérience et qui permet au refoulé de faire retour dans le préconscient. Ainsi nous pouvons comprendre ici que le traumatisme peut naître des évènements ou expériences dites mal vécues dans le passé et qui étaient inconscientes.

Une autre façon dont naît le traumatisme est l’idée de quantité et la membrane « pare-excitante » : quand la quantité fait effraction. La membrane « pare-excitante » est une structure qui protège l’appareil psychique par l’amortissement des excitations en provenance de l’extérieur, mais permet aussi un travail psychique, un emmagazinement des quantités pulsionnelles. Bokanowski (2011) précise que le traumatisme acquiert dès lors une nouvelle dimension et devient « un concept emblématique (métaphorique) des apories économiques de l’appareil psychique » (p. 42). À partir de ce moment, le phénomène (le traumatisme) est compris comme une effraction de la membrane pare-excitante, une rupture de la barrière de défense, par un manque de préparation de l’appareil psychique, celui-ci n’arrivant pas à lier et à transformer un phénomène quantitativement trop important. C’est ce que nous qualifions souvent de « trop plein ». Et donc la dernière goutte qui aurait fait déborder le vase et l’aurait fait éclater. Aussi, une expérience la membrane du « pare-excitante » peut se retrouver percée et créer ainsi un traumatisme car l’évènement est trop choquant. Freud (1920) rappelle que c’est l’absence d’angoisse signal, supposant préparer l’appareil psychique à d’éventuels dangers ou surcharges quantitatives, qui mène à l’effraction traumatique de la barrière pare-excitante. Lorsqu’il y a traumatisme, le Moi, qui alors n’est pas préparé , se voit vulnérable par rapport à l’effraction quantitative, d’origine externe ou interne et devient submergé par l’effroi (schreck). Il est à noter ici que la quantité n’est pas définie par la fréquence uniquement mais aussi par l’intensité et le degré émotionnel impliqué dans la survenue de l’évènement extérieur.

Quelques évènements Traumatisants

Pour vous permettre de mieux comprendre, voici une série d’évènements ou d’actes pouvant être considérés comme traumatiques ou traumatisants bien qu’ils prennent un caractère individuel c’est-à-dire va d’un individu à un autre par rapport au vécu. Ce qui est traumatisant pour X peut ne pas l’être pour Y, même vécu de multiple fois. Il est aussi important de savoir qu’on peut être traumatisé d’un évènement, d’une situation, d’un acte…qu’on ait été une victime directe ou indirecte.

– Accident de la voie publique – Décès d’un proche ou un membre de la famille ou d’un(e) ami(e), d’une compagne… – Viol/Expérience sexuelle désagréable – Rupture amoureuse – Les violences conjugales (Touchent beaucoup plus les enfants) – Accident domestique (chute d’escalier pouvant entrainer une fracture par exemple) – Propos dévalorisant : à la maison, au travail, à l’école… – Maltraitance dans l’enfance – Les punitions négatives surtout chez les enfants (privation de nourriture – Les guerres – Le terrorisme – Perte financière surtout de grosses sommes…) Liste non exhaustive…

Magnim ASSIOU

Je suis Fulbert ASSIOU, Diplômé en Psychologie Clinique et de la Santé, Conseiller psychosocial au JADE pour la vie, Animateur programme point d'écoute jeunes, Auteur sur MONPSYCHOMAG. Convaincu que le bien-être de l'homme passe par son bien-être mental et psychologique, je vous invite à me suivre chaque jeudi dans la rubrique "Santé et bien-être" qui prend en compte tous les aspects de notre vie. Voulez-vous des conseils, des astuces pour vous sentir bien sur tous les plans ? N'hésitez pas à m'écrire

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