A partir de quel moment, boire l’alcool devient pathologique ?

A partir de quel moment, boire l’alcool devient pathologique ?
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La question posée fréquemment par les consommateurs, ou leur entourage, est à partir de quel moment ou de quelle quantité une conduite devient-elle excessive, nuisible, à risque ou pathologique ? Finalement, à partir de quel moment doit-on s’inquiéter ? Il est difficile de répondre à cette question.

S’il est assez aisé de reconnaître une conduite très nuisible ou dépendante, il est par contre difficile de déterminer à partir de quel moment ou quelle limite on passe d’une consommation sans risque à une consommation nuisible. Il n’y a pas de deadline précise.

Les critères

Goodman (1990) utilise plusieurs critères pour définir la dépendance avec produit ou sans produit :

Impossibilité de résister aux impulsions à réaliser un type de comportement ; sensation croissante de tension précédant immédiatement le début du comportement ; plaisir ou soulagement pendant sa durée ; sensation de perte de contrôle ; présence d’au moins cinq des neuf critères suivants :

1. préoccupation fréquente au sujet du comportement ou de sa préparation,

2. intensité et durée des épisodes plus importantes que souhaitées à l’origine,

3. tentatives répétées pour réduire, contrôler ou abandonner le comportement,

4. temps important consacré à préparer les épisodes, à les entreprendre ou à s’en remettre,

5. survenue fréquente des épisodes lorsque le sujet doit accomplir des obligations professionnelles, scolaires ou universitaires, familiales ou sociales,

6. activités sociales, professionnelles ou récréatives majeures sacrifiées du fait du comportement,

7. perpétuation du comportement, bien que le sujet sache qu’il cause ou aggrave un probleme persistant ou récurrent d’ordre social, financier, psychologique ou psychique,

8. tolérance marquée : besoin d’augmenter l’intensité ou la fréquence pour obtenir l’effet désiré, ou diminution de l’effet procuré par un comportement de même intensité,

9. agitation ou irritabilité en cas d’impossibilité de s’adonner au comportement.

Un individu dont le comportement rempli ces critères est clairement dépendant, mais le risque ou la plainte de l’entourage commence bien avant. L’inquiétude due aux conséquences de la consommation est aussi fonction du type de produit ou de comportement et, également, des fins attendues. Par exemple, la boisson alcoolisée peut être consommée comme :

• substance psychoactive, pour l’influence sur l’humeur ;

• produit enivrant, pour s’évader de la réalité ;

• boisson, pour étancher la soif ;

• aliment, source de calories.

Elle peut aussi être utilisée pour sa valeur symbolique : selon la culture, la boisson alcoolisée peut être un symbole d’inclusion ou d’exclusion d’un groupe social, un symbole de célébration ou un acte sacramentel. Boire trois verres dans une situation conviviale semble moins inquiétant que de les consommer pour se sentir moins triste. Mais, quelle que soit l’utilisation de la boisson, il n’est pas possible d’isoler une propriété d’une autre (OMS, 2006).

Dans la plupart des cas, c’est quand la consommation ou le comportement devient caractérisé que la question de la nuisance ou de la dépendance se fait plus pressante.

Reprenant les recommandations de l’OMS, un seuil est fondé sur le critère de risque différé et cumulatif : 21 verres standard par semaine (soit trois verres par jour sans dépasser cinq verres par occasion) pour un homme et 14 verres standard (deux verres par jour sans dépasser cinq verres par occasion) pour une femme. Une personne qui consommerait plus pourrait constater dans le futur des problèmes de santé avec un lien quelconque avec la consommation d’alcool.

Une consommation au dessus de ce seuil peut être nocive et constituer un risque immédiat dans certaines circonstances, par exemple en cas de conduite automobile. Le risque varie donc en fonction du contexte et de nombreuses caractéristiques du sujet : pathologies associées, modification de la tolérance du consommateur, âge, sexe, grossesse, états de fatigue, traitements médicamenteux…

L’usage nocif se concrétise par la présence de dommages physiques, psychiques et souvent sociaux liées à la consommation d’alcool en l’absence de critères d’alcoolo-dépendance.

L’usage avec dépendance est caractérisé par la perte de la maîtrise de la consommation de la part du sujet, indépendamment des seuils de consommation et des dommages induits par celle-ci.

Aucun mode de consommation n’est donc sans risque. Il a toujours un effet, plus ou moins perceptible, même avec des quantités minimes. Continuer à espérer qu’il y ait une quantité normale ou une consommation normale pour l’alcool peut faire croire que le normal existe. Quoi qu’il en soit, il ne peut pas y avoir une norme, la même pour tous, dans la mesure où nous ne sommes pas égaux devant les effets du produit.

Vous avez des questions sur la dépendance a l’alcool ?, et vous souhaitez en savoir plus ? N’hésitez pas à poser votre question sur notre section « Questions » . Et n’oubliez pas de commenter l’article pour expliquer votre point de vue sur le sujet, que vous viviez cette situation de près ou de loin.

LA REDACTION

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