Fantasmer sur autrui, est-ce une perte d’amour envers son/sa partenaire ?

Fantasmer sur autrui, est-ce une perte d’amour envers son/sa partenaire ?

Faire l’amour avec un inconnu ou une célébrité, vivre une étreinte torride et sauvage… Nous avons tous des fantasmes sexuels. Que révèlent-ils de notre personnalité sexuelle ? Faut-il en parler avec ses partenaires ? Faut-il réaliser ses rêves érotiques ?

De quels fantasmes parle cette idée reçue ? Le plus souvent, de scénarios conscients destinés à procurer une excitation sexuelle. Pour la psychanalyse, les fantasmes ne se réduisent pas à cela. Ils sont avant tout une production imaginaire inconsciente, exprimant des désirs tout aussi inconscients, qui racontent notre volonté de pouvoir sur l’autre, notre agressivité, notre soumission… Et ils se traduisent, ou pas, selon l’autorisation que l’on se donne, en scénarios conscients. Mais qui dit conscience ne dit pas réalisation dans la vie !

Prenons le cas, fréquent, du fantasme d’un inconnu qui se glisse dans le lit d’une femme pour lui faire l’amour. Que raconte- t-il d’elle ? J’ai du désir, je ne le sais pas, mais l’autre le sait. Il me le révèle, donc je n’en ai pas la responsabilité et je jouis à mon insu. Dans le réel, cette femme n’aurait aucune envie d’une telle situation, mais cette mise en scène imaginaire la dédouane de la culpabilité de son désir. Les fantasmes préexistent à l’acte sexuel. C’est pourquoi ils restent les mêmes, quel que soit notre partenaire.

Nos pensées n’appartiennent qu’à nous. D’où vient alors notre culpabilité ? De l’amour fusionnel que nous ressentions envers notre mère lorsque nous étions bébé, de ce sentiment qu’elle savait mieux que nous ce qui se passait en nous. Peu à peu, nous avons gagné en autonomie, expérimenté la distance, notamment dans le secret de nos pensées. Quelle jouissance merveilleuse d’échapper à cette mère perçue comme toute-puissante !

Nous avons pu commencer à nous appartenir et à accepter qu’elle ne soit pas essentiellement au service de nos besoins. Seulement, avec cette prise de distance, nous avons craint le désamour, la fin des bons soins dont nous dépendions. C’est ce qui explique notre peur de trahir l’autre en fantasmant ailleurs. Toute relation amoureuse est traversée par cette tension entre envie d’être soi et désir de fusion pour combler nos besoins. Je te comble, tu me comble.

Catherine Blanc, La sexualité des femmes n’est pas celle des magazines (Pocket, “Évolution”, 2009).

Kevin DAH

Psychologue du Travail-Community Manager-Conseiller d'orientation-GRH-Troisième meilleur blogueur de l'année au TogoDigitalAwards 2020. Disponible pour assurer des interventions temporaires, de freelance ou d'emploi. Je suis joignable au kevindah62@gmail.com ou au 0022899924341

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